1.10 - Le discours autoritaire

      Pythagore, inventeur de véritables erreurs. (B 81)

      Pythagore est à peine un nom de référence. Il rappelle ceux qui lorsqu’il parlent exercent le pouvoir sur des auditeurs soumis. Dans les villes qui se démocratisent le mot fulgure comme une arme, non rarement, dangereuse. La rhétorique, inventée pour persuader, cherche à influer, même au sacrifice des faits. Cet écart ne peut compter sur l’appui d’Héraclite, engagé à faire du mot un instrument rigoureux pour dévoiler les mystères de l’univers. L’avertissement d’Héraclite n’a pas garanti la multitude des artifices qui avilirent les assemblées populaires pour la ruine de beaucoup d’états. Le libre exercice de la parole n’est pas tout, il requiert encore l’intégrité de ceux qui l’utilisent. Si le discours s’élève pour faire briller l’orateur, le chemin vers la vérité est, lui, bloqué.

      Politique ou philosophique, le discours qui offre tout prêt l’objet de l’investigation, trompe. En-deçà du Discours, aucun discours n’est plein. Donnant pour conclu ce qui n’est qu’un projet, le parlant autoritaire présente comme cible ce qui n’est qu’un pont.

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      Donaldo Schüler
      http://www.schulers.com/donaldo/herac-fr
      Copyright,1996
      Trad.: Pascal Lelarge